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Le musée des Tissus et des Arts décoratifs a fermé ses portes au public le 30 avril 2021 pour travaux, afin d'entamer sa renaissance comme grand musée du XXIe siècle.

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The Textile Arts and Decorative Arts Museum closed its doors to the public the 30th of April 2021 for works, to begin its rebirth as a great 21st century museum.

Icône de mode

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  •  © © musée des Tissus – Pierre Verrier
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  •  © © Dorothée Beauvais
© musée des Tissus – Pierre Verrier
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© musée des Tissus – Pierre Verrier
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© Dorothée Beauvais
04 nov 2011 25 mar 2012
Commissariat
Maximilien Durand , directeur du MTMAD

Documentation

Icône de mode

Éditeur EMCC, 224 pages, 210x300mm, 25€.
ISBN: 978-2-35740-133-4
 ©
04 nov 2011 25 mar 2012
Commissariat
Maximilien Durand , directeur du MTMAD

Documentation

Icône de mode

Éditeur EMCC, 224 pages, 210x300mm, 25€.
ISBN: 978-2-35740-133-4
 ©

À l’occasion de l’exposition Icône de Mode, le musée des Tissus dévoile une histoire de la Mode très inattendue. Car l’égérie de cette création-là, n’est autre que la Vierge Marie. Pendant près de six cent cinquante ans, les statues de la Vierge ont possédé une véritable garde-robe, composée de costumes majestueux, scintillants de pierreries et de perles, offerte par les souverains ou les simples fidèles. Récemment, des grands noms de la Haute Couture ont conçu de nouveaux vêtements pour une statue de la Vierge noire de Toulouse. Ainsi, étoffes brodées d’or anciennes et motif camouflage contemporain, se répondent-ils dans une conception sélective du costume et du corps, puisque seule la face visible de la statue est parée.

Au cœur de la basilique Notre-Dame-la-Daurade de Toulouse, une Vierge noire, réputée miraculeuse, domine l’autel où l’on célèbre son culte. La statue originale, brûlée à la Révolution, a été remplacée au début du XIXe siècle par une sombre Madone, sculptée à l’identique, dont la tête, le bras droit et l’Enfant, surgissent au milieu de tissus somptueux.

Car cette Vierge noire est habillée et possède une véritable garde-robe, changée au gré des fêtes et de la liturgie. La statue est ainsi revêtue d’une robe, d’un voile, et une robe supplémentaire, en miniature, habille l’Enfant Jésus. Ce ne sont pas moins de vingt-deux robes, chacune accompagnée de son voile et de la robe du Christ, qui sont présentées dans l’exposition.

En 2009, des créateurs de Haute Couture ont renouvelé cet extraordinaire vestiaire et réalisé de nouvelles tenues pour la statue. La Battle Dress de Jean-Charles de Castelbajac, au motif de camouflage, évoque une Vierge forte et protectrice, foulant au pied le serpent du mal, protégeant les peuples meurtris par les conflits. La Robe de fête de Franck Sorbier rappelle les tenues des souveraines du XVIIIe siècle : elle est en toile de soie et de fils d’or, rebrodée de dentelles métalliques, de perles, de tubes et de rocailles en verre. La Robe de Carême de Jean-Michel Broc, en tissu broché de viscose, utilise cette fibre artificielle issue du bois, produit de la terre mère, évoque la maternité de la Vierge. Elle est de couleur prune, pour symboliser le deuil et le carême, mais des rubans de velours, doux comme les jeunes pousses naissantes, verts, annoncent le renouveau.

Cette Madone habillée en Haute Couture n’est pas une exception. Depuis le XIVe siècle, les statues miraculeuses de la Vierge possédaient chacune leur vestiaire, en France, en Espagne, en Italie ou en Allemagne. Les majestés romanes, au teint brun, les Vierges gothiques, pleines de tendresse, les statues articulées et peintes du XVIIe et du XVIIIe siècle étaient vêtues de soieries somptueuses, de tissus brodés d’or et d’argent, rehaussés de perles et de cabochons, de dentelles, offerts par les souverains ou par des fidèles anonymes.

Loin de dissimuler les sculptures, ces vêtements factices donnaient aux statues une présence spectaculaire, presque théâtrale, et tellement humaine. L’exposition présente, en plus du vestiaire de la Vierge noire de la Daurade, d’autres habits issus de ces garde-robes aujourd’hui méconnues. Fragiles et convoités pour la richesse de leurs matériaux constitutifs, décriés par les détracteurs d’une expression de foi jugée trop populaire, ces vestiaires ont souvent été détruits ou ont disparu. La présentation de ces robes de statues de Vierge au musée des Tissus est donc exceptionnelle et permet d’évoquer plus de six cent cinquante ans d’une création de prestige, réservée à celle qui fut considérée par ses habilleurs comme la Reine par excellence.